Archive pour mai 2009

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Bonjour,51nrrhn3d9l_ss500_
Aujourd’hui je vais vous présenter un manga. Non revenez! J’en vois déjà certains d’entre vous qui s’en vont en se disant   » Le manga c’est moche, les persos ont des yeux énooOOoormes, les histoires sont débiles,…  » Bon comme il s’agit du premier article sur les mangas je vais tâcher de corriger quelques préjugés… Tout d’abord au niveau des dessins. Il faut savoir que le manga comme la BD (que l’on pourrait qualifier de franco-belge, on utilisera cependant le terme de BD c’est plus simple) est très varié niveau dessins même si je vous l’accorde il y a des constantes. Ainsi il y a des dessins simplistes, des dessins ultra précis, des dessins élégants, des dessins fouillis, des dessins de qualité et des dessins moches… Le problème est que la plupart des mangas populaires ne sont pas d’une beauté à couper le souffle (rapport à la fréquence de publication extrêmement élevée de ces mangas), c’est un peu comme si vous, japonais vous ne connaissiez que Tintin en BD, si l’histoire peut être intéressante il faut avouer que les dessins ne sont pas ce que l’on a fait de mieux (avec tout le respect que j’ai pour Tintin). Les scénarios, ben j’ai envie de dire que c’est un peu la même chose… Il y a de tout et n’importe quoi (surtout n’importe quoi et c’est ça qui est bien ^^). En fait on peut distinguer plusieurs genres dans le manga:
-Le Shonen: Il s’agit du plus courant, en général se sont des histoires pas bien compliquées, de l’action, de l’humour, destinés à un public masculin jeune. Les stéréotypes sont Naruto, One Piece, Dragon Ball, etc.
-Le Shojo: C’est un peut l’opposé. Généralement des histoires sentimentales à l’eau de rose, des dessins que-si-ils-étaient-en-couleur-ils-seraient-tout-rose, destinés à un public féminin jeune là aussi. Les stéréotypes sont Nana, Card Captor Sakura, etc.
Bon vous l’aurez compris ces deux genres (qui ne le sont pas tout à fait, cf les articles de Wikipédia) ne sont pas la panacée… Cependant il existe un autre genre bien plus intéressant:
-Le Seinen: Il s’agit d’un genre destiné aux jeunes adultes (plutôt de sexe masculin), se caractérisant par une histoire nettement plus recherchée et parfois plus violente voir macabre. Là encore pour plus d’info je vous redirige sur l’article de Wikipédia. Les plus connus du genre sont 20th century boys (qui nous intéresse), Gunm, xXx Holic, MPD Psycho, etc.
Il existe une multitude de genres dans le manga je vous conseille de regarder la fin de l’article de Wikipédia sur le manga où ils sont présentés.

Ainsi il existe des mangas « pour adultes » qui sont digne d’intérêt. Les mangas de Naoki Urasawa sont de ceux là et notamment 20th century boys que l’on pourrait qualifier de thriller (comme tous les mangas de cet auteur d’ailleurs)

Scénario 18/20
C’est le point fort de ce manga.030
1969, année mythique; Kenji et ses amis sont au primaire, ils inventent alors dans leur « base secrète » faite d’herbes tressées, un logo et s’imaginent sauvant le monde face aux pires catastrophes, qu’ils recueillent dans un cahier.
1997, une mystérieuse secte fait son apparition dirigée par un non moins mystérieux « ami ». Une secte de plus une secte de moins, me direz vous? Oui mais voilà, cette secte utilise le même logo que celui qu’a créé la bande à Kenji lorsqu’ils étaient enfant. Coïncidence? Pas si sûr car l’un de ces amis d’enfance vient de mourir dans d’étranges circonstances, et certains événements semblent être mystérieusement proches du « cahier de prédictions »…
Voilà et aussi étonnant que cela puisse paraitre Naoki Urasawa nous maintient en haleine durant plus d’une vingtaine de tomes… Il y a d’abord l’identité d’ « ami », qui nous tient bien une quinzaine de tomes sans même paraitre long, car malgré tout, l’histoire ne cesse jamais d’avancer, ensuite la conclusion de l’histoire ainsi que de nouvelles péripéties. Cependant on remarque un certain ralentissement au bout d’un moment et on sent qu’il est temps que la série s’arrête. En fait il ne s’agit pas tant d’un « ennui » mais plutôt que le plaisir intense que l’on a au début de la série s’estompe pour ne devenir qu’un plaisir « normal » ^^
Je ne souhaiterai pas trop vous spolier sur l’histoire tellement elle est riche et car le suspens est un élément majeur de cette œuvre et que ce serait donc la gâcher que de trop vous en dire. Je crois même en avoir trop dit…

Dessins : 13/20
Les dessins ne sont définitivement pas de la BD et bien du manga… Cependant ils ne sont pas tout à fait ce que l’on a l’habitude de voir. Faits de trais très fins et presque géométriques, ils restent néanmoins précis et agréables bien que légèrement surchargés. En fait si ils m’ont un peu choqué au début, on s’y fait très vite et on fini par les apprécier, les attitudes sont bien rendues et les cadrages font souvent très « cinéma ». Donc voilà pas un chef d’œuvre, mais des dessins de qualité et qui viennent admirablement bien soutenir l’histoire par la manière dont ils pressentent les choses.

Conclusion 16/20
Un très bon manga, une histoire géniale (bien que complètement barrée quand on y réfléchit), des personnages héroïques par certains aspects, mais l’auteur nous rappelle à chaque fois qu’après tout ils sont humains… Donc voilà si vous voulez vous mettre au manga avec un vrai scénario et une vrai fin, celui-ci est pour vous. Seul hic, son prix 8€95 le tome (il y en a 22, plus 2 venant en conclusion sous le nom de 21st century boys) c’est cher. En comparaison xXx Holic publié chez Pika (dont je vous ferai prochainement une présentation) possédant une édition nettement plus travaillée que la moyenne (tranches colorées, couverture presque métallisée) est à 7€50… Personnellement, cependant, je ne regrette pas.

NB: Il est à noter qu’un film à été fait se basant sur cette histoire, et bien qu’ayant été diffusé en avant première mondiale à Paris, il n’a eu qu’une faible diffusion en France.

Site dédié (en japonais mais qui presente des dessins)
Site de l’éditeur

Durango sur www.bedetheque.com

Durango sur www.bedetheque.com

de Thierry Girod et Yves Swolfs (1981 – 2008)

Je m’attaque ici à un gros, un très gros morceau. Pour moi tout simplement la meilleure série BD de western que j’ai lu depuis Blueberry (si vous ne l’avez pas lu, allez voir l’article de Thomas).

1896, Durango est un tueur à gages solitaire. Sa particularité ? Il est gaucher et surtout, il utilise une des toutes premières armes automatiques, un Mauser C96, à vingt coups (sortie en 1895). Une autre chose, Durango a sa morale, il ne tue qu’en légitime défense…

Les amateurs de western spaghetti vont être aux anges, c’est exactement le genre. Ça l’est tellement en fait, qu’un élément capital du scénario est basé sur une référence à un très bon western italien nommé Le Grand Silence de Sergio Corbucci, avec Jean-Louis Trintignant. Cela concerne la manière dont Durango à acquis son Mauser. Cependant, sachez que pour expliquer cela, je vais devoir spoiler au point de raconter la fin du film de Corbucci… Amis bédé-cinéphiles, faites un choix, ce coup-ci ça sera BD, ou ciné…

[spoiler]

Durango sur www.fnac.com

Durango sur www.fnac.com

Dans ce film, Silence est un tueur à gages, comme Durango, avec un pistolet automatique Mauser C96. Celui-ci est muet, on peut remarquer une longue cicatrice le long de sa gorge. Ce film est l’antithèse poussée à l’extrême du western américain : Silence bien qu’étant le « bon », n’est pas mis en avant, tenant quasiment un rôle d’autiste. C’est son ennemi, le cruel Tigrero, joué par Klaus Kinski qui tient le rôle du héros. Ce western est tellement noir que Silence meurt comme un vulgaire second rôle, tué d’une balle dans la tête  par Tigrero qui lui prend son Mauser. Fin du film…

Il se trouve qu’à la fin du deuxième tome, Durango, après s’être fait salement amocher la main droite dans les deux premiers opus, devient donc gaucher, et que l’armurier chez qui il va acheter un nouveau colt lui propose ce modèle. Le Mauser C96, pistolet automatique à 20 coups, avec son étui le transformant en fusil, est une arme très récente, révolutionnaire et surtout, peu connue. Elle représente une aubaine pour ce tueur à gages qui doit réapprendre à tirer et retrouver sa rapidité.

L’armurier affirme avoir récupéré cette arme après la mort d’un tueur muet dénommé Silence. Durango passe même devant sa tombe. Dans les premiers tomes, il apprend même la mort de Tigrero ! Quand à Reno, dans le tome 1, c’est le portrait craché Klaus Kinski qui jouait Tigrero aux côtés de Trintignant…
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Scénario : 14/20

Durango, esquisse sur www.fnac.com

Durango, esquisse sur www.fnac.com

Bon, le scénario n’est pas énormissime : meurtres commandités, froides vengeances, sentiments mais pas trop, crise de folies sanguinaires, indiens, cowboys, mexicains, rebelles, traitres. Le lot habituel des westerns… Mais tout ça se tient quand même, ça reste un bon vieux scénar’ de western spaghetti, avec des dialogues biens tournés (enfin, plutôt avec des suites de mots biens tournées, parce que ça ne parle pas des masses normalement dans un western). Ce qui est agréable, et je dirai même plus (voilà que je me prends pour un Dupond-t) très agréable, c’est qu’on sent une évolution dans le personnage de Durango. Il s’attache, commence à apprendre à avoir des sentiments, il devient moins tueur implacable, et plus humain, on distingue un passé très noir, et pour le coup, c’est nous qui nous attachons à lui au cours des quinze tomes qui sont sortis à ce jour. Personnellement, quand j’ai découvert cette BD, il n’y avait encore que 13 tomes, et je les avais lu tous d’affilée. Les aventures de notre héros, bien que différentes suivant les villes qu’il traverse, restent à lire dans l’ordre, car chaque déplacement, chaque voyage est lié à une des précédentes péripéties du tueur.

Cette série n’est pas humoristique, on y retrouve pourtant quelques clins d’œil, à Clint Eastwood bien sûr, mais aussi à Lucky Luke ou Blueberry (Tacoma, Chihuahua).

Graphisme : 16/20

Durango, sur www.bedetheque.com

Durango, sur www.bedetheque.com

Les paysages sont grandioses, le dessinateur de Légende, et du Prince des ténèbres ne faiblit pas. Son trait fait un peu vieux jeu, par rapport aux petits nouveaux à la Sfar ou Satrapi, mais il est toujours aussi puissant. Celui-ci n’a que peu évolué pendant les quinze albums qui sont sortis à ce jour, et vous savez quoi ? Et bien on s’en réjouit car le dessin et bon ! Ce dessin a tout ce qu’on peut demander : un réalisme des décors nécessaire à une bande dessinée adulte qui se veut inspirée des westerns spaghetti, des paysages somptueux, des détails très poussés dans le dessin des armes et des tenues des personnages, et des dialogues géniaux.

Bilan : 15/20

Une bonne série, qui se lit malheureusement trop vite, mais qui est heureusement peu chère (moins de 10€ le tome). Une grosse dose d’action, justifiée par un scénario qui se tient à peu près, un tueur à gages finalement plutôt attachant, c’est une recette qui marche encore, même après 15 tomes. Je l’ai rapidement abordé, c’est un western spaghetti, un vrai, bourré de références qui réjouiront les passionnés du genre comme les amateurs de duels et de longues chevauchées dans des lieux déserts. J’attends la suite avec impatience !

Liste des tomes :

  1. Les chiens meurent en hiver (1981)
  2. Les forces de la colère (1982)
  3. Piège pour un tueur (1983)
  4. « Amos » (1984)
  5. Sierra sauvage (1985)
  6. Le destin d’un desperado (1986)
  7. « Loneville » (1987)
  8. Une raison pour mourir (1988)
  9. L’or de Duncan (1990)
  10. La proie des chacals (1991)
  11. Colorado (1992)
  12. L’héritière (1994)
  13. Sans pitié (1998)
  14. Un pas vers l’enfer (2006)
  15. El Cobra (2008)

Entre Blueberry et Durango, je crois que Tom’ et moi avons chroniqué les deux meilleures séries western… Vous ne croyez pas ?

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