Archive pour la catégorie ‘17 à 20/20 : Génial’
Voilà une BD qui va ravir les bédéphiles amateurs d’esquisses et les passionnés d’art.
Dans son nouvel opus, Yslaire place Jules Stern (encore un Stern ? Cf. XXème Ciel.com) dans le contexte de la Révolution Française, et plus précisément sous le règne de la Terreur. Le peintre David se voit commander deux tableaux ; l’un peignant Bara, « héros du peuple » inventé de toutes pièces par le pouvoir, pour lequel Jules devient modèle, et le second, représentant l’être suprême commandé par Robespierre lui-même.
Scénario : 17/20
Cet album est en partie édité par Le Louvre, c’est dire combien le scénario, historiquement parlant, se tient et combien il donne aux œuvres d’art, une place d’importance. Je n’ai pas des connaissances très pointues sur la Terreur, j’en ai retenu ce qu’on a bien voulu me dire en cours, mais Jean-Claude Carrière, lui semble très bien maitriser le sujet. Il nous décrit l’époque, ses idées, ses folies, ses dirigeants, mêlant habilement Histoire et fiction à l’aide d’introductions et de conclusions à chaque chapitre.
Dessin : 19/20
Bluffé ! Je ne sais pas trop à quoi je m’attendais (j’avais vu ds extraits sur le site d’Yslaire et au musée du Louvre lors de l’exposition « Le Louvre invite la bande dessinée« ) mais certainement pas à ça… Les dessins, réalisés sur un format carré, sont de grandes esquisses, les traits des personnages principaux parfois ré-haussés de blanc. Ils intègrent habilement des photographies de tableaux, le tout dans des tons allant du ocre au rouge.
J’ai l’impression qu’ici, Yslaire a mêlé toutes les techniques utilisées dans ses précédentes séries pour arriver à ce petit bijou : des dessins aux couleurs très chaleureuses habillés de fortes touches de rouge (Cf. Sambre), des photographies, redessinées ou non (Cf. Le ciel au dessus de Bruxelles) et une grande importance donnée à la narration, laissant l’imagination travailler (Cf. XXème Ciel.com)
Bilan : 18/20
Je vais véritablement finir par aduler cet homme ! Il nous propose là encore, une BD intelligente, éveillant le bédéphile néophyte à l’art et à l’Histoire de la Révolution Française et fournissant aux passionnés de dessins un graphisme à la fois détaillé et fluide. Chapeau !
Le far-west … un monde aussi fascinant que révolu, mais également une mine d’or inépuisable pour un grand nombre de supports culturels (films, romans et bien sur BD !).
Sans mentir, le monde des cow-boys est une source d’inspiration à priori inextinguible pour tout auteur de BD un tant soit peu amateur d’embuscade, de duels au colt, d’attaques de train, d’affrontements entre ranchéros et indiens sanguinaires etc.
La bande dessinée a d’ailleurs ses chef d’oeuvres qu’il n’est plus besoin de présenter, tant leurs noms ont fait le tour du monde, et tant les traductions en langues étrangères ont été nombreuses. Citons Lucky Luke, dont les textes imaginés par le génial et regretté Goscinny sont restés légendaires (notons par ailleurs que depuis sa mort, la série vire dans le n’importe quoi…) ou encore Western, par les auteurs de Thorgal, qui malgré son histoire en un tome reste une excellente surprise.
Abordons pour cette chronique Comanche, dont le nom provient d’une population amérindienne. Avant tout, il convient de noter que la série comporte 15 tomes (de 1972 à 2002), mais que les créateurs (Greg et Hermann) n’ont poursui leur collaboration que jusqu’au 10ème tome (1983). La qualité des 5 qui ont suivi a été plusieurs fois sujette à débat…

Comanche est une histoire prenant place dans le Wyoming impitoyable et brutal du XIXème siècle. Comanche est une jeune femme belle (forcément…) et fine d’esprit, propriétaire d’un ranch au personnel pour le moins pluriéthnique (un vieux grincheux, un Irlandais as du tir, un blondinet fougueux, un ancien esclave noir et un jeune cheyenne). Bien que le nom de la saga porte son nom, c’est en fait Red Dust, sorte de Clint Eastwood rouquin, qui est le vrai héros.
Scénario : 18/20
Sans tomber dans la flatterie, c’est du béton armé. Rien à redire, en toute franchise : histoires captivantes, traitement bourrin des personnages, héros hauts en couleurs, déroulement des péripéties bien détaillé etc. L’auteur évite l’écueil de l’image classique du héros sans peur, sans défauts, toujours vainqueur et j’en passe ; non, ici, on est au pays des cow-boys, et c’est la jungle. On sent une réelle documentation du scénariste autant que du dessinateur pour cette époque trouble des Etats-Unis.
Graphisme : 17/20
Hermann est un remarquable dessinateur, autant dans la précision et la justesse de ses ébauches que dans le détail de et la variété de ses planches. Cela permet de repérer et de garder en mémoire tous les personnages présents dans chaque épisode, et ce même s’il y en a beaucoup. On notera également le style, qui ne rappelle véritablement aucune autre BD estampillée western.
Bilan : 17/20
Même si on n’est pas fan de western à la base (comme moi), même si on est relativement difficile en BD (comme moi), même si on n’aime pas les héros rouquins (pas comme moi), on peut facilement trouver un réel plaisir à lire et relire ces BD d’aventure, où l’on se sent réellement plongé dans le monde qui nous est présenté. En clair, pour moi c’est du tout bon, et rares ont été les critiques ne serait-ce que moyennes à l’égard de Comanche. Mention spéciale aux Loups du Wyoming et au Doigt du Diable, mes deux préférées !


