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Archive pour la catégorie ‘17 à 20/20 : Génial’

Pietrolino sur www.fnac.com

Pietrolino sur www.fnac.com

d’Alexandro Jodorowsky et Olivier Boiscommun (2007-2008)

Pour Pietrolino, faire le mime est un don, mais c’est aussi son gagne pain. En ces temps d’occupation nazie, le saltimbanque et sa (toute petite) troupe apportent un peu de rêve aux villages français qu’ils traversent. Mais Pietrolino a de fortes convictions politiques et un beau jour, il décide de les affirmer en proposant, avec deux gants (l’un aux couleurs françaises, l’autre à celles nazies), un petit spectacle humoristique mais engagé, de marionnettes. Pas de chance, des soldats arrivent à ce moment là et lui brisent les mains. Pietrolino perd alors ce qu’il a de plus cher, son don…

Scénario : 17/20

Une histoire touchante, émouvante, parfois drôle mais le plus souvent triste : un drame raconté avec finesse par Jodorowsky. Son personnage, Pietrolino est quasiment mué, mais l’on devine facilement chaque sentiment qu’il éprouve, chaque pensée qui le traverse. Ce grand scénariste nous montre ici toute son habilité en proposant un scénario assez simple mais de toute beauté.

Pietrolino sur www.scenario.com

Pietrolino sur www.scenario.com

Graphisme : 17/20

Boiscommun a un graphisme peu habituel avec des traits aigus, des visages pointus, à la limite du déformé, à la frontière de la caricature, mais d’une très grande expressivité. Dans ces deux albums, je pense que le réalisme du graphisme compte moins que la capacité du lecteur à imaginer, à voir ce qui se cache derrière le dessin. Après tout, n’est ce pas ça le mime, transmettre une image, une émotion, une idée en s’appuyant sur la capacité d’imagination du public ?

Bilan : 17/20

Une très bonne série en deux tomes, dédiée au mime marceau qui à la différence de beaucoup de séries et d’albums, ne propose pas un simple divertissement au lecteur, prémaché, directement digérable, mais l’amène bel et bien à participer pour transmettre une réalité partagée entre rêves, fascisme et trahisons.

Personnellement, je ne pourrai pas développer énormément sur Jodorowsky, que je ne connais qu’à travers Pietrolino, Bouncer et Juan Solo mais je pense que les autres posteurs du blog s’en occuperont.

Liste des tomes :

  • 1. le clown frappeur (2007)
  • 2. Un cri d’espoir (2008)

Serge Lehman (Scénario)
Jean-Marie Michaud (Dessin)

tome1

La saison de la couloeuvre est une série Sf prévue en 3 tomes et éditée aux éditions L’Atalante. Les deux premiers tomes sont actuellement disponibles dans n’importe quelle bonne librairie (surtout les librairies Canal Bd, of course) et valent réellement le détour pour l’amateur de Sf qui sommeille en chacun de nous.
Scénarisé par Serge Lehman, qui après quelques recherches (merci Wikipédia…), se révèle en fait être un célèbre romancier Sf (il est notamment celui qui a scénarisé « Immortel », l’adaptation de la trilogie Nikopol de Bilal au cinéma), le dessin est quand à lui assuré par Jean-Marie Michaud, qui n’est pas un grand nom, mais qui a réalisé un travail splendide sur cette série.
Le premier album nous permet de prendre contact avec l’univers qui possède ses codes, sa terminologie propre… ainsi qu’avec les nombreux personnages qui vont évoluer dans cet environnement particulier.
Comme d’habitude avec un univers Sf riche, on est légèrement perdu au début, mais l’on ne décroche pas pour autant, les évènements s’enchaînent et l’on poursuit la lecture avec plaisir et  cela permet d’apprécier le développement fourni dans le second tome qui fourni d’ailleurs des éléments de compréhension supplémentaire.

Scénario :  17/20

tome2

L’histoire est prend place sur l’intersection 55, lieu de croisement parmi tant d’autres pour les voyageurs interstellaires, sorte de gare d’où partent des dizaines de couloirs spatiaux, les « toboggans », à destination de différents systèmes solaires.
Ces toboggans, qui forment un véritable réseau de voyage à travers l’univers, ont été crée bien avant l’apparition de la vie sur Terre, par un peuple d’ingénieurs, les Mohaïs.
Retournés à l’état de tribus primitives, les Mohaïs se font utilisés par les humains qui utilisent leur savoir ancestral pour faire fonctionner le réseau.
Voici pour le contexte général.

Plus particulièrement, le récit nous fait suivre la première journée de travail de Derec Finn, qui débute en tant que « fonctionneur », il est chargé de l’accompagnement des voyageurs lors des 100100 secondes d’attente obligatoire entre deux toboggans.
Il rencontre ainsi une galerie de personnages hauts en couleur, son premier client n’étant autre qu’une fourmi géante, émissaire d’une conscience collective en déplacement vers la Terre.
L’intersection est par ailleurs victime d’une propagande d’origine inconnue, et les évènements vont peu à peu déraper, différentes émeutes éclatant sans raison précise.
Sans en dire beaucoup plus, le 2e tome permet d’en apprendre plus sur l’origine de la prise de contrôle du réseau par les hommes.
En tout cas, l’histoire se suit au départ comme la simple journée de travail de Derec avec en toile de fond la présentation du fonctionnement de l’intersection, mais se développe peu à peu en laissant apparaître son lot de rebondissements et de mystères.

Dessin : 18/20
L’identité visuelle de La saison de la couleuvre est très forte, le coloriage basé sur du blanc et noir avec une légère touche bleutée confère une ambiance particulière dans laquelle on tombe immédiatement. Le dessin fourmille de détail, l’impression de profondeur est très bien rendue, ce qui permet de donner du relief à l’intersection. C’est une réussite graphique.
De plus, la construction des cases est bien faîte : en jouant sur une véritable alternance, on se retrouve souvent à observer les pages plutôt qu’à enchaîner simplement les bulles, même lors de la première lecture.
Il faut aussi noter que cette particularité visuelle s’accorde parfaitement à l’histoire en formant un tout cohérent. En effet, l’impression grisâtre des pages se justifie par le côté neutre, artificiel et froid de l’intersection où les personnages semblent vaquer à leur occupation sans réel entrain. L’apparition de la couleur dans le récit intervient aux moments clés, et symbolise l’intrusion de la vie dans cet univers aseptisé avec des personnages qui s’animent alors, se mettent à ressentir des pulsions violentes, érotiques ou autres. On assiste alors à une explosion des émotions physique & graphique.

Conclusion : 18/20
Ces deux albums sont une réussite, l’utilisation du dessin comme un élément à part entière de l’histoire profite au récit. L’histoire en elle-même est suffisamment intéressante pour justifier la lecture et l’univers présenté semble la fois riche et prometteur. A suivre donc !

En extra, un lien vers l’interview de Michaud lors de la sortie du 1er tome
http://www.actusf.com/spip/article-5389.html
Ainsi qu’une interview de Lehman, sur la sortie du 2e tome (attention au spoils !!)
http://www.actusf.com/spip/article-7541.htmlcou

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