Archive pour la catégorie ‘17 à 20/20 : Génial’
de Luc Jacamon et Matz
Le personnage principal de cette série est un anti-héro : il est tueur à gages. On ne connait pas son identité, ni d’où il vient, juste comment il a commencé à tuer alors qu’il était encore étudiant. Pendant les six tomes qui composent actuellement la série, le tueur exécute beaucoup de contrats, des pourris, des gens biens, hommes, femmes, enfants, vieillards, tout y passe tant que le commanditaire y met le prix. Le travail est fait proprement, chaque risque calculé, mais des fois, ça dérape. La raison ? La cupidité. Pas celle du tueur mais celle de ceux qui l’entourent. Alors que lui ne cherchait qu’à rassembler l’argent nécessaire pour vivre tranquille dans un trou perdu au Venezuela, il se retrouve pris dans un engrenage lui amenant toujours plus de contrats…
Scénario : 15/20
Simple et efficace, comme le tueur qu’il met en scène, ce scénario impose un rythme soutenu au lecteur qui s’attache rapidement à ce personnage intriguant, qui alterne entre moments pseudo philosophiques et scènes de grande violence. C’est sûrement ce que cette histoire à de plus impressionnant, la capacité de Matz à proposer à la fois une psychologie du personnage très travaillée (retransmise en grande partie par une voix off) et des scènes d’action très brèves, mais époustouflantes de violence et de réalisme. Le tueur nous rabat les oreilles avec son cynisme mais finalement, il nous impressionne, parce que, bien qu’il nous semble parfois à la limite de se déshumaniser, on le voit s’attacher, et réussir à ne pas (trop) mêler travail et vie privée.
Graphisme : 18/20
Au premier coup d’œil, je n’avais pas apprécié, mais en y regardant de plus près, les techniques utilisées par Jacamon est vraiment intéressante et surtout, peu commune. Maintenant, je suis fan !
Les personnages sont encrés (tracés en lignes noirs) et se détachent assez nettement de décors magnifiques dans lesquels les couleurs sont appliquées côte à côte, se touchent, se superposent. L’arrière plan fait donc un peu peinture ou aquarelle.
Voilà pour la première technique un peu particulière. La deuxième est ma préférée, il l’applique lors des scènes de violence intense, le plus souvent sur une double page. Il oublie alors toutes les limites imposées par les cases et les caniveaux. Ces scènes frappent par la façon de découper l’action : les images sont comme brisées et collées les unes aux autres, sans phylactères ou commentaires, toujours avec cet arrière plan très colorés. Le résultat est à couper le souffle ! A lire absolument, ne serait-ce que pour ces quelques pages par album…
Bilan : 17/20
Une excellente série ponctuée de meurtres, de complots, de trahisons, un thriller haletant, au scénario efficace et aux graphismes inventifs. A lire d’urgence. La fin du sixième tome annonce sans aucun doute un n°7, les rumeurs sur Internet le prévoient pour bientôt. J’attends donc impatiemment.
de Reiser
Au départ de ce blog, je m’étais dit que je chroniquerai rapidement mes lectures/(re)découvertes du moment.
C’est ce que je fais dans cet article sur le premier album de Reiser, que je viens de retrouver dans la bibliothèque de mon grand-père.
Reiser nous parle ici des papas mais comme il est cynique, satyrique, très critique et asticoteur, il nous parle seulement de ceux alcooliques, violents ou seulement un peu « beauf ».
Scénario : 16/20
Même système que pour Phantasmes (déjà chroniqué), Reiser propose des scènes d’une à trois pages, sur la vie quotidienne de familles banales, avec en général, une chute à la dernière case. Il critique la société qu’il connait sans aucuns tabous : les dessins de Mon papa étaient publiés dans Hara Kiri. L’humour de cet album met parfois un peu mal à l’aise, mais on finit par l’apprécier parce que finalement, il fallait oser le dire, et il fallait oser le faire. C’est le père de famille qui en prend pour son grade dans cet album : ces quadras avinés, violents, analphabètes, machos, abusant de leur autorité, sont répugnants…
Graphisme : 18/20
Ce premier album est vraiment différent des suivants au niveau des graphismes. On découvre un trait à la Sempé, d’une très grande légèreté et d’un minimalisme extrême (pour l’exemple, les visages se résument très souvent à une paire d’yeux et à un nez). La lecture est très facile et pousse le lecteur à s’attacher plus au fond qu’à la forme. Tout (ou presque) se joue dans les bulles, essayez de lire les bulles de la planche d’exemple en imaginant ne pas avoir de dessin et vous verrez. On est loin, très loin du dessin vulgaire et écœurant, volontairement provocateur de Phantasmes ou de Fous d’amour…
Bilan : 17/20
C’est avec cet album que j’ai découvert Reiser à l’âge de 10-12 ans, et j’avais adoré… Ca reste mon préféré parmi la dizaine de ses albums que j’ai, et c’est celui que je recommande pour commencer à ceux qui ne connaissent pas Reiser. C’est de l’humour noir, donc on aime ou non, mais on se sent moins agressé à la lecture que dans ses autres albums.
J’avais été assez vache dans ma précédente chronique sur Phantasmes, et peut être que je vous avais donné une mauvaise image de Reiser, alors j’espère que votre envie de le (re)découvrir sera alimentée par la chronique de cet excellent album.
Bibliographie (tirée de www.bedetheque.com)
- A bas tout !
- Année des handicapés (L’)
- C’est beau, une femme!
- Ça va être ta fête
- Copines (Les)
- Dessins cochons
- Famille Oboulot en vacances (La)
- Fous d’amour
- Gros dégueulasse
- Histoire de France en 100 gags (L’)
- Ils sont moches
- Jeanine
- Mai 68 (Lafon)
- Mon papa
- On est passé à coté du bonheur
- On vit une époque formidable!
- Oreilles rouges (Les)
- Phantasmes
- Plage privée
- Rubrique-à-Brac
- Ruée vers rien (La)
- Saison des amours
- Sont pas plus forts que nous
- Tam-tam
- Vie au grand air (La)
- Vie des bêtes (La)
- Vive le soleil
- Vive les femmes!
- Vive les vacances !
- Votez printemps!
- Y’en aura pour tout le monde





